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Syndrome du bébé secoué - sondage 2003...

Enquête CROP/Fondation Marie-Vincent – Syndrome du bébé secoué : pour deux Québécois sur trois, l’endurance aux pleurs de bébés ne dépasse pas 30 minutes

Montréal, le 23 avril 2003 – Pour deux Québécois sur trois (61 %), le seuil de tolérance face à un bébé qui pleure sans arrêt est d’environ 30 minutes. Au-delà de cette période, les deux tiers (62 %) estiment avoir besoin d’aide. Tels sont les résultats chocs de l’enquête CROP/Fondation Marie-Vincent qui vise cette année à sensibiliser les parents aux risques accrus de secouer un bébé. Les résultats de cette enquête ont été dévoilés aujourd’hui à l’occasion de la campagne annuelle de sensibilisation de la Fondation Marie-Vincent face à la violence faite aux enfants.

« Quand on sait que la capacité de tolérance aux pleurs des bébés se limite le plus souvent à moins de 30 minutes, il y a lieu de s’inquiéter », affirme le docteur Gilles Fortin, pédiatre à l’hôpital Sainte-Justine. « Les gens, surtout les parents de très jeunes enfants, doivent absolument comprendre qu’ils risquent de perdre le contrôle et qu’ils peuvent poser des gestes violents s’ils sont soumis trop longtemps aux pleurs continus d’un bébé… et ça peut arriver à tout le monde sans exception ! »

Le syndrome du bébé secoué : une hausse inquiétante des cas

Le syndrome du bébé secoué est une forme grave et bien définie de violence infantile. Il s’agit de secousses manuelles violentes exercées sur un enfant que l’on tient par les extrémités ou le plus souvent par les épaules, ayant pour résultat un mouvement rapide de va et vient, comme celui d’un fouet, et qui provoque une hémorragie intracrânienne et rétinienne. Il est souvent difficile de diagnostiquer ce syndrome à cause de l’absence de blessures extérieures.

Si les Québécois répondent tous d’emblée qu’il est très grave de secouer un bébé, 27 % d’entre eux ignorent que secouer un bébé peut causer des lésions au cerveau et 17 % déclarent même qu’on peut le secouer pour jouer avec lui.
 
« Secouer un bébé peut rendre aveugle, infirme et même causer la mort. Une seule secousse violente peut lui être fatale. Comme nous connaissons à Montréal une augmentation annuelle de 20 % des cas d’hospitalisation de jeunes enfants victimes de violence, la prévention doit devenir une priorité », a déclaré Mme Marie-Josée Leroux, directrice générale de la Fondation Marie-Vincent. « D’où le message que nous lançons aujourd’hui aux parents : au-delà de 30 minutes de pleurs, demandez de l’aide. »

La raison la plus fréquente causant la perte de contrôle des parents est le fait que le bébé pleure sans arrêt. Lorsqu’on interroge uniquement les parents d’enfants de moins de six ans, 48 % déclarent tolérer les pleurs d’un bébé plus de 30 minutes et 46 % estiment n’avoir pas besoin d’aide pour le calmer. Mais pour ceux qui ne peuvent plus endurer les pleurs de bébé au-delà de 35 minutes et qui cherchent de l’aide, 51 % se tourneront vers leur conjoint, 22 % contacteront un CLSC ou un hôpital et 17 % un parent ou un ami.

Et même si en général, 88 % des Québécois affirment qu’ils seraient tolérants face aux pleurs d’un bébé dans un lieu public, ils sont 39 % à admettre ne pas l’être lorsqu’ils sont mis en situation. Ils pensent alors que la mère devrait quitter les lieux avec le bébé. Ce pourcentage augmente à 51 % dans la région de Québec.

Quand ils se prononcent sur le principal facteur de stress qui motiverait l’augmentation de la violence faite aux enfants à Montréal, 24 % des Québécois en imputent la raison principale aux séparations et à la monoparentalité, alors que 23 % croient qu’il s’agit plutôt de la répétition de la violence que les parents ont eux-mêmes subie dans leur enfance et 17 % jugent qu’il s’agit d’une situation économique difficile.

Finalement, quand on demande aux Québécois s’ils ont confiance en l’avenir, s’ils considèrent qu’il sera heureux pour les enfants qui naissent aujourd’hui, un Québécois sur trois répond par la négative.

« Nous souhaitons que ces résultats contribuent à sensibiliser les parents et le public et qu’ultimement, ils aident à prévenir des cas de violence », conclut Me Jean Saint-Onge, président de la Fondation Marie-Vincent

Le sondage CROP a été réalisé du 13 au 23 mars 2003 au moyen d’entrevues téléphoniques auprès d’un échantillon représentatif de 1 002 Québécois et Québécoises âgés de 18 ans et plus, s’exprimant en français ou en anglais. La marge d’erreur est de 3 %, 19 fois sur 20.

Parler de la violence faite aux enfants

La Fondation Marie-Vincent lançait aujourd’hui sa nouvelle campagne de sensibilisation annuelle.  Sur le thème « L’enfance, pas la violence », cette campagne comprend la diffusion de 25 panneaux sur les routes dans la région de Montréal, six panneaux dans quatre stations de métro de Montréal, 3 500 affiches dans les rues de Montréal et Québec, 1 500 affiches dans les garderies du Québec, 150 affiches dans les restaurants du Québec ainsi que la diffusion de bandes annonces télévisée et radiophonique.

Cette campagne de sensibilisation a été réalisée grâce à la générosité de plusieurs entreprises privées, dont l’agence de publicité TAM TAM/TBWA et le ministère de l’Enfance du Québec.
 
La soirée bénéfice annuelle de la Fondation se déroulera le mardi 6 mai 2003 au Monument-National et mettra en vedette Gregory Charles. M. Alain Bouchard, président et chef de la direction d’Alimentation Couche-Tard, agit comme président d’honneur de cette soirée. Les billets au coût de 150 $ sont en vente au bureau de la Fondation (514-362-6226) et par le biais de son site Internet (www.marie-vincent.org)

À propos de la Fondation Marie-Vincent

La Fondation Marie-Vincent a pour mission de prévenir les situations d'abus et de négligence chez les enfants de moins de 12 ans. Elle subventionne des programmes de prévention et de traitement destinés aux jeunes victimes. Son conseil d'administration est composé de 16 représentants du secteur privé, et du milieu juridique et social de Montréal. 

 
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