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Sondage CROP/Fondation Marie-Vincent : 65 % des Québécois ont reçu la fessée durant leur enfance et 18 % disent avoir été frappés plus durement
Montréal, le 17 avril 2002 – Deux Québécois sur trois (65 %) disent avoir reçu la fessée, un sur cinq (18 %) confie avoir été frappé plus durement encore et un sur quatre (23 %) déclare avoir été menacé, humilié ou ridiculisé par ses parents durant l'enfance. Tel est le portrait peu reluisant de la violence faite aux enfants du Québec selon un sondage CROP commandé et dévoilé aujourd'hui par la Fondation Marie-Vincent à l'occasion du lancement de sa campagne annuelle de sensibilisation des abus auprès des enfants.
« La violence faite aux enfants est malheureusement une réalité aussi présente que sournoise, a déclaré Marie-Josée Leroux, directrice générale de la Fondation. Nous espérons que ces nouvelles statistiques sensibiliseront les Québécois à la gravité de la situation et contribueront à faire de cette question une priorité dans l'agenda de nos gouvernements. »
Des parents parfois sévères et violents
Mené entre le 14 et le 24 mars 2002 auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 Québécois et Québécoises, le sondage CROP révèle qu'une proportion significative de parents québécois sont sévères et violents envers leurs enfants. En effet, 13 % des répondants considèrent que le style de leur mère a été « très sévère ou violent au niveau de la discipline » alors que 20 % ont cette opinion de leur père.
Par ailleurs, 17 % des répondants ont été témoins de violence physique de la part d'un parent envers un frère ou une sœur, alors que 9 % ont vu leur mère et 4 % leur père être victime de violence. Sur le plan des abus sexuels, le quart de la population (25 %) déclare connaître quelqu'un dans son entourage immédiat qui a été sexuellement abusé. Le fait que cette proportion augmente à 35 % chez les moins de 34 ans tendrait à indiquer que le phénomène est plus répandu qu'on l'admet en général, les jeunes étant moins sujets aux tabous que les générations plus âgées.
Selon Marc Tourigny, chercheur au Département d'éducation spécialisée de l'Université de Sherbrooke, « les résultats du sondage sont en deçà de la réalité car les victimes sont réticentes à parler des abus qu'ils ont subis. D'une part, un Québécois sur quatre dit connaître une ou plusieurs victimes dans son entourage, et d'autre part, seulement 1 sur 20 admet être une victime. Cette question soulève encore d'énormes tabous. »
Malgré la violence, 73 % des Québécois trouvent encore les parents « trop mous », 59 % pensent que c'est le devoir des parents de donner des tapes et 40 % estiment que les enfants ont besoin de tapes pour mieux se conduire. Ils sont toutefois 63 % à admettre qu'il arrive très souvent que les enfants soient blessés physiquement à la suite de punitions physiques que leur donnent les parents pour les discipliner.
Le sondage CROP a été réalisé du 14 au 24 mars 2002 au moyen d'entrevues téléphoniques auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 Québécois et Québécoises âgés de 18 ans ou plus et pouvant s'exprimer en français ou en anglais. La marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20.
La Fondation Marie-Vincent
Vouée à la prévention et à l'aide aux enfants victimes, la Fondation lançait aujourd'hui sa nouvelle campagne de sensibilisation, comprenant la diffusion d'affiches, de bandes annonces télévisée et radiophonique et fait appel à l'Internet en invitant les Québécois à télécharger gratuitement le macaron virtuel « L'enfance, pas la violence » à l'adresse www.marievincent.org et à l'afficher sur leur écran d'ordinateur d'ici au 6 mai 2002. L'objectif est de 25 000 téléchargements. Un compteur sera affiché en permanence sur le site de la Fondation.
Cette campagne de sensibilisation est réalisée grâce à la générosité de plusieurs entreprises privées et donateurs de la Fondation Marie-Vincent. Le macaron virtuel a été réalisé bénévolement par le cabinet de relations publiques BDDS Weber Shandwick pour l'idéation et la supervision, le Groupe LGS – une compagnie IBM – pour la programmation informatique et l'agence de publicité TAM TAM/TBWA pour le message et le design graphique. Cette dernière a conçu le symbole du macaron, soit un pansement en forme de croix sur un suçon brisé qui se retrouve dans la campagne publicitaire déployée en parallèle.
La soirée bénéfice annuelle de la Fondation aura lieu le lundi 6 mai 2002 au Monument-National, mettant en vedette Natasha St-Pier. Michel J. Carter et son épouse Danielle agiront à titre de présidents d'honneur. Les billets sont en vente sur le site de la Fondation.










