L’affaire Guy Cloutier - sondage 2005...
L’affaire Guy Cloutier : la médiatisation des cas d’agressions sexuelles envers les enfants favorise la sensibilisation de la population.
Montréal, le 26 avril 2005 – La médiatisation des causes criminelles d’agressions sexuelles sur des enfants comme celle du procès de M. Guy Cloutier a provoqué plusieurs réactions dans la population. Les récits ont suscité colère et indignation chez la très grande majorité des Québécois.
Un sondage CROP/FMV commandé par la Fondation Marie-Vincent en mars dernier démontre en effet que les Québécois sont de plus en plus sensibilisés aux conséquences désastreuses des agressions sexuelles commises sur des enfants. La médiatisation de ces événements a eu un effet positif dans la mesure où elle a contribué à une plus grande information et sensibilisation de la population, et non à banaliser le phénomène comme certains le craignaient. Les résultats de ce sondage ont été présentés lors d’une rencontre de presse annonçant la campagne de sensibilisation de la Fondation Marie-Vincent face à l’abus et la violence faits aux enfants.
En parler aide à comprendre
Selon ce sondage, la médiatisation d’une cause d’agression sexuelle comme celle de M. Cloutier aura permis au public de mieux comprendre certaines réalités entourant le phénomène des agressions sexuelles. Le public s’explique mieux à quel point il peut être difficile de dénoncer une agression, voire un agresseur, surtout s’il s’agit d’une personnalité connue et appréciée du public.
Une autre avancée importante dans la compréhension de la dure réalité des victimes d’agression sexuelle : les gens saisissent qu’une personne peut souffrir en silence et attendre plusieurs années avant de parler de son agression sexuelle. « Quand on connaît toutes les hésitations des victimes à parler de leur agression, la honte qu’elles éprouvent et la peur du jugement des autres, il est réconfortant de constater que la médiatisation de ces événements, qui a engendré plusieurs débats, aura permis de constater l’étendue du phénomène des victimes silencieuses, en même temps que l’importance de la sympathie de la population pour les victimes. Une personne aux prises avec son lourd secret franchira plus facilement l’étape de la dénonciation si elle se sent moins seule, davantage comprise et supportée » a expliqué Mme Rose-Marie Charest, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec et membre du conseil d’administration de la Fondation Marie-Vincent.
La médiatisation contribue à la prévention
Les trois quarts (77 %) des Québécois interrogés estiment que les cas d’agressions sexuelles rapportées par les médias ont comme principal effet de les informer et de les sensibiliser à ce problème. Seulement 17 % des personnes croient que la médiatisation de ces gestes a comme principal effet de les banaliser. Dans le même ordre d’idées, 96 % des répondants croient qu’il est important de briser le silence entourant la problématique des agressions sexuelles et de pouvoir en parler ouvertement. « Les journalistes se sont souvent fait reprocher de faire du sensationnalisme et de nuire aux victimes en publiant le récit des causes d’agressions sexuelles commises par des personnages publics ou même par des inconnus. Les résultats de ce sondage indiquent le contraire, soutient Mme Charest. Nous ne pouvons qu’encourager toutes les stratégies susceptibles d’aider les victimes à se sentir moins seules et à procéder au dévoilement puisque celui-ci constitue souvent une étape fondamentale dans le long processus de guérison. »
L’ampleur du phénomène
La Fondation Marie-Vincent a profité de ce sondage pour évaluer à quel point la problématique des agressions sexuelles sur des mineurs est répandue au Québec. Il ressort de ce sondage qu’un adulte sur trois connaît une (13 %) ou des personnes (20 %) dans son entourage immédiat qui ont été agressées sexuellement dans leur enfance.
Le président de la Fondation, Me Jean Saint-Onge, estime que ces chiffres sont alarmants. Selon lui, « il faut prendre cette réalité très au sérieux et mettre en œuvre des moyens de prévention efficaces. En ce sens, la campagne de sensibilisation lancée par la Fondation Marie-Vincent cette semaine, grâce à la contribution financière de nos partenaires du secteur privé et du gouvernement du Québec, nous permettra d’inciter les victimes à dénoncer les agresseurs et à réclamer de l’aide. Nous avons la responsabilité d’agir collectivement pour aider les victimes ».
D’ailleurs, les campagnes de sensibilisation de la Fondation atteignent généralement leur objectif puisque 40 % des personnes interrogées se souviennent de la campagne de prévention 2004 intitulée BOBO, alors que 30 % des répondants disent avoir déjà entendu parler de la Fondation.
La violence aux enfants : parlons-en
La Fondation Marie-Vincent, vouée à la prévention et à l’aide aux enfants victimes de maltraitance lançait aujourd’hui sa campagne de sensibilisation 2005, conçue et réalisée grâce à la générosité de l’agence de publicité TAM-TAM\TBWA et du ministère québécois de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine.










