Enquête CROP/Fondation Marie-Vincent 2003...
Nouvelle enquête CROP/Fondation Marie-Vincent – L'inceste au Québec : 83 % des Québécois sont d'accord pour en parler ouvertement
Montréal, le 20 novembre 2003 – Un sondage CROP/Fondation Marie-Vincent dévoilé aujourd'hui dans le cadre de la Journée mondiale de l'enfance révèle que l'attitude des Québécois face à l'inceste a évolué de façon remarquable, tant au plan de l'ouverture à en parler que des connaissances acquises sur le sujet.
En effet, 83 % des Québécois affirment ne pas trouver que le sujet de l'inceste est trop délicat pour en parler ouvertement, 72 % trouvent « audacieuses et courageuses » les personnes qui témoignent de leur agression dans les médias et 81 % estiment que le fait d'avouer publiquement avoir été victime d'agression sexuelle dans l'enfance contribue socialement à faire changer les choses. Cette ouverture d'esprit a incité la Fondation Marie-Vincent à lancer une campagne d'information sur le thème « L'inceste, parlons-en ! ».
« Le mur du silence qu'on érige autour de l'inceste tabou profite aux agresseurs et nuit aux victimes », a déclaré Mme Marie-Josée Leroux, directrice générale de la Fondation Marie-Vincent, laquelle travaille à prévenir les agressions et les abus faits aux enfants. « D'où l'importance d'en parler partout, dans les familles, les médias, les entreprises, les communautés, partout. C'est dans une société qui permettra l'ouverture au vécu et au récit de la victime d'inceste, à son partage dans un contexte socialement acceptable, que cette dernière pourra s'accepter intimement, se regarder en face et réintégrer la société. Ainsi, plus on parlera d'inceste ouvertement, plus on préviendra les cas et plus on aidera les victimes à guérir », a ajouté Mme Leroux.
Le sondage indique que le Québec est prêt à faire face à l'inceste. « L'enquête de la Fondation Marie-Vincent démontre que les Québécois sont prêts à parler d'inceste dans la mesure où cela permet d'améliorer le sort des victimes », a souligné en conférence de presse M. Michel Tousignant, professeur en psychologie et chercheur à l'UQAM. « En ce sens, on voit une nette ouverture à inclure l'inceste parmi les thèmes à traiter sur la place publique, au même titre que la violence domestique, l'orientation sexuelle ou le suicide chez les jeunes. »
Une appréciation très juste du phénomène
En plus de manifester une ouverture au dialogue et une attitude empathique envers les victimes, les Québécois ont démontré dans l'ensemble des connaissances très justes sur le phénomène. Le sondage révèle qu’en moyenne, 44 % des Québécois ont subi une agression sexuelle dans leur enfance. Selon les experts, ce taux peut être proche d'une réalité qui demeure difficile à quantifier car la plupart refusent toujours d'en parler. Par ailleurs, une forte majorité de 85 % croient avec raison que l'agression sexuelle dans l'enfance est davantage le fait de proches et non d'inconnus. Une majorité de 56 % de répondants se dit choquée d'entendre parler d'inceste dans les médias, mais ce sont davantage les gestes posés par les agresseurs (74 %) qui choquent que le traitement sensationnaliste des médias (18 %).
De plus, 68 % des répondants affirment que s'ils avaient été agressés sexuellement par un membre de leur famille, ils n'hésiteraient pas à dénoncer celui-ci. Dans l'ensemble, l'attitude d'ouverture et les connaissances s'accroissent avec la scolarité, et sont plus répandues chez les francophones que chez les anglophones et les allophones.
Parler de l'inceste ouvertement
Vouée à la prévention et à l'aide aux victimes, la Fondation Marie-Vincent lançait aujourd'hui « L'inceste, parlons-en ! », une campagne d'information destinée aux familles, aux employeurs et à la population en général. Un site Internet sur l'inceste a été lancé par la même occasion : www.inceste.info
Le sondage CROP a été réalisé du 16 au 30 octobre 2003 au moyen d'entrevues téléphoniques auprès d'un échantillon représentatif de 982 Québécois et Québécoises âgés de 18 ans ou plus et pouvant s'exprimer en français ou en anglais. La marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20.
La Fondation Marie-Vincent a pour mission de prévenir les situations d'abus et de négligence chez les enfants de moins de 12 ans. Forte de 28 ans de présence sur le terrain, elle se veut une voix à la défense des droits des enfants. La Fondation subventionne des programmes de prévention destinés aux enfants et des programmes d'aide aux victimes. Présidée par Me Jean Saint-Onge, son conseil d'administration est composé de 18 représentants du milieu des affaires, social et juridique montréalais. Le porte-parole de la Fondation est l'humoriste bien connu, François Morency.










