Violence conjugale...
Différentes études révèlent qu’il est difficile d’évaluer correctement les impacts chez les enfants témoins de violence conjugale dans leur milieu familial, car de trop nombreuses composantes entrent en ligne de compte.
De plus, la variabilité et l’intensité des répercussions peuvent être différentes si l’enfant est victime lui aussi de cette violence. En effet, les statistiques indiquent que la violence dirigée sur un enfant est quinze fois plus présente dans les familles où la violence conjugale est présente.
Malgré ces difficultés à recueillir les informations, on rapporte qu’à chaque année, plus de trois millions d'enfants risquent d'être exposés à la violence conjugale.
La principale définition répertoriée sur la violence conjugale est libellée comme suit : la violence conjugale est définie comme étant le fait de porter préjudice ou de blesser physiquement ou psychologiquement le partenaire dans un couple (National Research Council, 1998).
Au Québec, on inclut dans cette définition les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles, ainsi que les actes de domination au plan économique. La violence conjugale peut être vécue dans une relation maritale, extra-maritale ou amoureuse à tous les âges de la vie.
En regard de la protection de l'enfant témoin de violence conjugale, on dit que la Loi de la protection de la jeunesse est tenue d'intervenir lorsque la situation de violence conjugale a un impact sur la sécurité et le développement de l'enfant et lorsque le parent ne veut pas ou ne prend pas les moyens pour recevoir l'aide nécessaire.
Au Canada, 29 % des femmes sont victimes de violence physique de la part de leur époux ou de leur conjoint de fait. On ajoute également que 60 % à 80 % des enfants vivant dans une famille où la femme est maltraitée en sont témoins : ils le voient ou l'entendent (Jaffe, Wolfe et Wilson, 1990). Autrement dit, de 11 % à 23 % des enfants sont témoins de divers actes de violence à la maison.
Les études s’entendent pour dire que même si l’enfant n’est que témoin de la violence conjugale, il en subira d’énormes répercussions. En effet, les enfants qui sont témoins de violence envers leur mère éprouvent des problèmes affectifs et comportementaux analogues à ceux des enfants qui sont eux-mêmes soumis à de mauvais traitements physiques. Ils souffrent souvent d’anxiété, de peur, d’irritabilité, de pensées importunes, de rappel d'images de la violence et d’explosions de colère imprévisible.
On remarque aussi une faible estime d’eux-mêmes chez ces enfants et des difficultés à gérer leurs émotions, mais surtout leurs frustrations et leur agressivité. On ajoute qu’ils ont souvent plus de difficulté à interagir adéquatement avec leurs pairs, car ils ont tendance à utiliser les schèmes comportementaux appris à la maison.
Également, on indique que les enfants qui sont témoins de la violence à la maison démontrent des troubles de comportement et d’autres symptômes tels que l’isolement, les cauchemars ou l'autopunition.
Dans certaines études, on spécifie que les garçons qui sont témoins d'actes de violence de leur père à l'égard de leur mère courent plus de risques d'agir violemment et agressivement dans leurs relations de façon générale et plus particulièrement lors d'éventuelles relations intimes ou conjugales.
Au plan scolaire, les enfants témoins d'actes de violence éprouveront souvent des difficultés à se concentrer. Ils sont à haut risque de connaître des problèmes de comportement et des troubles sérieux d'apprentissage.
Enfin, dans des cas extrêmes, on peut même voir apparaître des comportements dépressifs, des symptômes de stress post-traumatique (difficulté de sommeil, cauchemars, idées envahissantes lors de périodes d'éveil, problèmes de concentration, isolement social), des problèmes de dépendances chroniques, d’idéations suicidaires ou même des troubles de santé mentale sévères et persistants.
Émilie Girouard, Bachelière en psychoéducation










