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Maltraitance envers les enfants...

Nos enfants, notre richesse, notre avenir

Richesse et avenir d’une nation, les enfants sont au centre des valeurs et des actions de toute société. Ils doivent être accompagnés et soutenus tout au long de leur croissance, et particulièrement lorsque surviennent des difficultés pouvant entraver leur sain développement.

Au Québec, ils sont près de 1 500 000 jeunes de moins de dix-huit ans. La très grande majorité trouvera, auprès de sa famille et de son milieu environnant, les ressources nécessaires pour assurer le sain développement de sa santé et de son bien-être.

En revanche, des études menées par des chercheurs québécois révèlent que 10 % à 15 % de ces jeunes éprouveront des difficultés d’adaptation au cours de leur développement. Dans la plupart des cas, il s’agira de situations transitoires. Avec une intervention suffisamment rapide et intensive de soutien et d’accompagnement, celles-ci trouveront une réponse adaptée et une solution à court terme aux besoins identifiés chez le jeune et sa famille.

Le soutien et l’accompagnement de l’enfant doivent provenir, dans un premier temps, des ressources de son milieu de vie :

  • Ses professeurs et autres professionnels du milieu scolaire : psychologue, psycho-éducateur, orthopédagogue, etc.
  • Des ressources et organismes communautaires : maisons de jeunes, groupes de soutien, associations, etc.
  • Les services de sa localité : organismes de loisirs sportifs, culturels, groupes, camps, etc.
  • Les intervenants du CLSC : soutien au jeune et à sa famille à travers une gamme d’activités et de services.

Cependant, lorsque des situations problématiques perdurent, qu’elles s’aggravent ou que leur intensité risquent de compromettre le développement ou la sécurité de l’enfant (c’est ici que la nomenclature scientifique commence à référer au phénomène de la maltraitance), le Québec s’est doté d’un mécanisme de signalement à la direction de la Protection de la jeunesse (Loi sur la protection de la jeunesse) afin d’assurer la sécurité et la protection de tous les enfants québécois.

Pour l’année 2005-2006, les Centres jeunesse du Québec ont reçu 68 036 signalements. Près de la moitié – 31 972 ou 47 % – sont retenus et font l’objet d’une évaluation plus poussée lorsqu’on craint pour la sécurité et le développement de l’enfant. Les évaluations de ces cas démontrent que les problématiques vécues par les jeunes en protection de la jeunesse sont des cas de :

  • Négligence (57 %)
  • Troubles de comportement (19 %)
  • Abus physique (13 %)
  • Abus sexuel (9 %)
  • Abandon par les parents (1 %)

Quant aux jeunes dont le signalement n’est pas retenu, il est confirmé que les besoins d’aide et de soutien demeurent néanmoins importants et peuvent nécessiter une intervention adaptée aux besoins – selon l’Étude d’incidence québécoise de l’Institut de recherche sur le développement social des jeunes de 2002, dirigée par Marc Tourigny, directeur de la Chaire interuniversitaire Marie-Vincent sur les agressions sexuelles envers les enfants.

On note que 85 % des signalements pour des troubles de comportement concernent des adolescents, alors que 80 % des signalements faits pour des situations de négligence, d’abus physique et sexuel touchent d’abord des enfants de moins de douze ans. C’est auprès de ce groupe d’âge et cette problématique – la maltraitance – que portent l’action et les efforts de la Fondation Marie-Vincent.

Compte tenu de l’ampleur des difficultés vécues et du manque toujours grandissant de ressources, il nous apparaît en effet nécessaire d’investir notre énergie dans des alternatives porteuses de solutions pour ces jeunes victimes aux prises avec des souffrances et des traumas qui, si rien n’est fait, risquent d’avoir des impacts dévastateurs sur le cours de toute leur vie.

Pour mieux comprendre le phénomène de la maltraitance, la Fondation Marie-Vincent a demandé à des professionnels du milieu d’en décrire les principales manifestations :

  • La négligence
  • Les abus physiques
  • Les abus sexuels
  • La violence psychologique
  • Les enfants témoins de violence conjugale
  • Le syndrome du bébé secoué. 

Au Québec, les principaux acteurs engagés dans la prestation de services aux enfants en difficulté et à leur famille s’engagent à respecter les fondements suivants :

  • Tout parent est le premier responsable d’assurer la protection de son enfant.
  • Tout enfant a droit à la protection, au respect de son intégrité, à la sécurité et à l’attention que ses parents ou les personnes qui en tiennent lieu doivent lui donner.
  • Tout enfant, compte tenu de son âge ou de son développement, doit être sensibilisé aux actes d’abus afin de pouvoir les reconnaître et y réagir.
  • Tout enfant victime d’une agression a le droit qu’on lui procure l’assistance que requiert son état.
  • Tout abus sexuel, tout mauvais traitement physique ou toute absence grave de soins menaçant la santé physique d’un enfant est un acte criminel.
  • Tout auteur d’abus, qu’il soit mineur ou majeur, est responsable de son comportement violent.
  • Tout adulte est tenu d’apporter son aide à un enfant victime d’abus, sans présumer qu’une autre personne a déjà pris les dispositions pour assurer sa protection.

En conclusion, rappelons-nous que la protection et le développement optimal de nos enfants relèvent d’une responsabilité collective. Aussi chaque adulte doit-il se sentir constamment interpellé par le bien-être et l’avenir de nos jeunes citoyens.

Émilie Girouard, bachelière en psychoéducation

en collaboration avec

Claude Girouard...

Chef de programme, Santé mentale, déficience intellectuelle, troubles envahissants du développement et dépendances

CSSS de l’Ouest de l’île de Montréal

Membre du conseil d’administration de la Fondation Marie-Vincent et du Centre d’expertise en agression sexuelle

 
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