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Sondage sur les agressions sexuelles dans la population québécoise

En juin 2006, lors de sa conférence de presse annuelle, la Fondation Marie-Vincent dévoilait les résultats d’un récent sondage effectué par la Chaire en mars, sur la prévalence et les conséquences des diverses formes de mauvais traitements dans l’enfance chez la population québécoise. Sur une période de deux semaines, l’enquête téléphonique effectuée par une firme de sondage spécialisée a permis de recueillir des données descriptives pertinentes chez 1 000 adultes québécois concernant les mauvais traitements envers les enfants. Les données préliminaires qui suivent ont été communiquées lors de cette conférence de presse.

Objectifs
L’enquête visait à établir la prévalence et la cooccurrence des diverses formes de mauvais traitements envers les enfants (abus physique, sexuel et psychologique) auprès d’une population adulte québécoise et de déterminer les conséquences à l’âge adulte des mauvais traitements subis dans l’enfance, en fonction des diverses formes de victimisation et d’autres événements survenus chez la victime. Pour ce faire, un échantillon représentatif de la population québécoise a été sondé concernant différentes variables, dont les mauvais traitements subis dans l’enfance.

Principaux résultats
Selon les résultats du sondage, plus d’un adulte sur trois déclare avoir vécu au moins une forme de violence dans son enfance, dont 16 % de la violence sexuelle, 19 % de la violence physique et 22 % de la violence psychologique.

Les femmes québécoises rapportent significativement plus de violence sexuelle dans l’enfance que les hommes. Les hommes rapportent avoir vécu davantage de la violence physique. Hommes et femmes rapportent des taux de violence psychologique similaires.

Plus d’une victime d’agression sexuelle sur cinq rapporte avoir été agressée par plus d’une personne lors d’une autre situation d’agression sexuelle. Cette revictimisation surviendrait à l’adolescence pour les trois-quarts d’entre elles.

Caractéristiques de la violence sexuelle vécue dans l’enfance
Près d’une victime sur deux a été agressée sexuellement par une personne connue sans lien de parenté avec elle, tandis que 16 % des victimes d’attouchements sexuels ont été agressées par une personne inconnue. C’est le cas de 10 % des victimes de viol.

La moitié des victimes d’attouchements sexuels ont été agressées par un membre de leur parenté ou de leur famille immédiate, alors que le quart des victimes de viol ont été agressées par un membre de leur famille immédiate.

Près de la moitié des victimes d’attouchements sexuels ont vécu leur première agression entre l’âge de six et onze ans, alors que près de sept victimes de viol sur dix ont été agressées pour la première fois à l’adolescence.

Caractéristiques des dévoilements
Une victime sur cinq n’a jamais dévoilé les agressions sexuelles vécues à quiconque. La moitié des victimes a dévoilé au moins cinq ans après la première agression.

Santé psychologique et physique à l’âge adulte des victimes de violence sexuelle dans l’enfance
Les adultes qui ont été victimes de violence sexuelle dans leur enfance présentent plus de symptômes de détresse psychologique que les adultes non-victimes (dépression, anxiété, irritabilité ou problèmes cognitifs). Ils manifestent également plus de symptômes de stress post-traumatique, de même qu’ils sont plus nombreux à consommer de l’alcool quotidiennement et à avoir consommé de la drogue. Les adultes qui ont été victimes d’agression sexuelle dans leur enfance rapportent une moins bonne santé physique et ils sont plus nombreux que les adultes non-victimes à affirmer avoir pris des tranquillisants dans les deux dernières semaines.

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