La problématique...
L’agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne. Cette définition s'applique peu importe l'âge, le sexe, la culture, la religion et l'orientation sexuelle de la personne victime ou de l'agresseur sexuel, peu importe le type de geste à caractère sexuel posé et le lieu ou le milieu de vie dans lequel il a été fait, et quelle que soit la nature du lien existant entre la personne victime et l'agresseur sexuel. On parle également d'agression sexuelle lorsqu'on utilise certaines autres expressions telles que viol, abus sexuel, infractions sexuelles, contacts sexuels, inceste, prostitution et pornographie juvénille.
(Source : Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle, gouvernement du Québec, 2001.)
Quelques données
- un adulte québécois sur six (16%) rapporte avoir vécu de la violence sexuelle durant son enfance (entre 0 et 18 ans).
- 4% des adultes québécois rapporte avoir vécu une relation sexuelle forcée (viol).
- 16% des adultes québécois rapporte avoir vécu des attouchements sexuels durant son enfance.
- 22% des femmes et 10% des hommes rapportent avoir vécu de la violence sexuelle dans leur enfance.
- Les conséquences sur les jeunes victimes d’agression sexuelle sont lourdes et peuvent s’exercer à plusieurs niveaux : psychologique, comportemental, scolaire, relationnel et physique.
(Souce: Sondage 2006 de la Fondation Marie-Vincent sur la prévalence et les conséquences à long terme de l'agression sexuelle dans l'enfance)
Nature et caractéristiques des agressions sexuelles signalées à la protection de la jeunesse du Québec
- Les attouchements sexuels (65%), les relations sexuelles complètes (14%), les tentatives de relations sexuells (9%) et les situations d'exhibitionisme/voyeurisme (6%) sont les principaux types d'agression sexuelle dont les enfants sont victimes.
- Les membres de la parenté (27%), le conjoint de la mère (17%), les pères (14%) et les personnes en situation d'autorité (10%) sont les principaux agresseurs sexuels. Notons qu'une proportion importante d'agresseurs se retrouve dans la catégorie "autres", soit 28%.
- Onze pour cent (11%) des enfants auraient été agressés par plus d'un agresseur.
- La victimisation sexuelle est davantage vécue par les filles (trois victimes sur quatre).
- La victimisation sexuelle augmente avec l'âge des enfants; les adolescents-es sont les plus nombreux parmi les victimes.
- Au moins 26% des enfants qui ont été agressés sexuellement vivent avec un parent qui a lui-même été victime de mauvais traitement dans son enfance.
(Source: Trocmé et al. (2003) Étude canadienne sur l'incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants. Agence de santé publique du Canada)
Séquelles à court terme (enfance)
Les enfants agressés sexuellement peuvent rapporter différentes séquelles. Les principales sont: des symptômes de stress post-traumatique, des problèmes de comportements, dont des problèmes de comportements sexualisés, une faible estime de soi, des difficultés relationnelles et des sentiments de peur ou de méfiance. Toutefois, on estime qu'une certaine proportion des enfants agressés sexuellement, soit près du tiers, sont asymptomatiques lors de l'évaluation.
(Source: Kendall-Tackett, K.A., Meyer William, L. & Finkelhor, D. (1993). Impact of sexual abuse on children: A review and synthesis of recent empirical studies. Psychological Bulletin, p. 164.)
Séquelles à long terme (âge adulte)
Le fait d'avoir été agressé sexuellement dans l'enfance entraîne différentes séquelles qui peuvent perdurer jusqu'à l'âge adulte. En effet, lors du sondage réalisé auprès d'un échantillon représentatif de la population adulte québécoise, les adultes ayant vécu de la violence sexuelle dans leur enfance rapportaient notamment une moins bonne santé physique et plus de symptômes de détresse psychologique (dépression, anxiété et problèmes cognitifs). Ces adultes rapportaient également consommer davantage d'alcool à chaque semaine, et seraient plus nombreux à avoir consommé de la drogue ou de l'alcool au cours de leur vie.
(Source: Sondage 2006 de la Fondation Marie-Vincent sur la prévalence et les conséquences à long terme de l'agression sexuelle dans l'enfance.)
Facteurs associés aux séquelles
La présence et l'insensité des séquelles manifestées par les victimes d'agressions sexuelles dans l'enfance varient d'une victime à l'autre, en fonction de différents facteurs. Ces facteurs peuvent être regroupés en quatre grande catégories: les caractéristiques liées aux agressions et au dévoilement (nature des gestes, identité de l'agresseur, durée et fréquence des agressions, etc.), les caractéristiques personnelles de la victimes, les ressources de soutien provenant de l'environnement familial et social et finalement, les cognitions et stratégies d'adaptation de la victime.
(Source: Barker-Collo, S. & Read, J. (2003). Models of response to childhood sexual abuse: Their implication for treatment. Trauma Violence and Abuse, 4(2), 95-111. Spaccarelli, S. (1994) Stress, appraisal and coping in child sexual abuse: A theoretical and empirical review. Psychological Bulletin, 116(2), 340-362.
Coocurence des mauvais traitements vécus par les enfants
Outre l'agression sexuelle, d'autres formes de mauvais traitements sont vécues par certains enfants. Les principale formes de mauvais traitements à l'endroit des enfants sont : les agressions sexuelles, les abus physiques, les abus psychologiques, la négligence et le fait d'être témoins de violence conjugale. Il arrive également que plus d'une de ces formes de mauvais traitements soit subie par un même enfant, l'une après l'autre ou en même temps. Il s'agit du phénomène de la coocurrence des mauvais traitements. Selon une population adulte québécoise, 23% des répondants rapportent avoir vécu une seule forme de violence, 10% rapportent en avoir vécu deux, et 3% rapportent avoir vécu trois formes de mauvais traitements (en concomitance) La violence physique est la forme la plus fréquemment rencontrées en coocurrence avec une autre forme de mauvais traitements. Parmi les Québécoises et Québécois qui ont été victimes d'agression sexuelle dans leur enfance, 19% rapportent également avoir été victimes de violence physique, et 14% rapportent avoir également vécu de la violence psychologique. De même, parmi les enfants québécois dont les agressions sexuelles ont été jugées corroborées par les services de protection de la jeunesse en 1998-1999, 43% ont vécu une autres forme de mauvais traitements, en plus de l'agression sexuelle.
(Source: Sondage 2006 de la Fondation Marie-Vincent sur la prévalence et les conséquences à long terme de l'agression sexuelle dans l'enfance.)
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