Maltraitance

Violence physique

Selon le “Third National Incidence Study of Child Abuse and Neglect”, (Sedlak & Broadhurst, 1996), l’abus physique est défini comme étant de la violence infligée à un enfant âgé de moins de dix-huit ans qui subit ou  risque de subir des sévices corporels de la part d’un parent ou tuteur légal. Par exemple, être frappé avec les mains ou un objet, recevoir des coups de pied, être secoué, lancé, brûlé, poignardé ou étranglé.

Au Québec, la Loi de la protection de la jeunesse intervient dans ces cas de sévices. En effet, aux fins de la présente Loi, la sécurité ou le développement d’un enfant est considéré comme compromis s’il est soumis à des mauvais traitements physiques par suite d’excès ou de négligence qui peuvent avoir des conséquences sérieuses sur la santé, le développement ou la vie de l'enfant (LPJ, article 38 g, sécurité et développement d’un enfant).

De nombreuses études indiquent que les interactions entre l'état psychologique des parents et des enfants (les variables individuelles), l'utilisation de méthodes éducatives hostiles et agressives, la présence accrue de stress dans le milieu de vie (les types relationnels familiaux) et l'accès ou non aux diverses ressources disponibles (les structures sociales) deviennent autant de facteurs jouant un rôle déterminant sur l'intensité de la violence physique dans le milieu familial et sur la capacité de celui-ci à demander de l'aide ou à dévoiler les abus.  

Les mauvais traitements infligés aux enfants constituent un problème complexe qui a, dans de trop nombreux cas, des conséquences désastreuses sur leur développement, sur leur famille et sur la société en général.

En l’an 2000, selon Statistiques Canada, 53 % des enfants victimes de voies de faits aux mains d'un membre de leur famille étaient des filles alors que, peu importe le type de mauvais traitements ou l'âge de l'enfant, les pères étaient le plus souvent les auteurs des agressions contre ces jeunes (71%).

Plusieurs conséquences peuvent découler de la violence physique. Dans les écrits, on indique que la violence physique peut entraîner des problèmes physiques, psychologiques et relationnels importants. En effet, on remarque que certains enfants ont des difficultés d’attribution et de perception (oublis fréquents, mauvaise compréhension de la réalité et distorsion dans la capacité d'analyse).

D'autres enfants apprennent un mode d’éducation basé sur la violence, l’agression et la peur. Par la suite, ils ont tendance à reproduire ce mode d’éducation dans leur vie et leurs interactions avec les autres.

D'autres encore vivent un stress énorme, doublé d’une grande colère. Ils développent des troubles anxieux (angoisse, terreurs nocturnes, peurs irraisonnées, sautes d'humeur, stress élevé), des problèmes au niveau de la gestion de leurs frustrations (labilité émotionnelle) ou des problèmes graves de comportement.

Enfin, pour beaucoup d'enfants, la crainte des conséquences d’une dénonciation les maintient dans un climat de silence, favorisant la dépendance à l'agresseur et engendrant une absence de liens de confiance avec un adulte significatif. Ce fait risque de se reproduire tout au long de la vie de l'enfant si aucune intervention n'est effectuée.

Cependant, au plan intellectuel et académique, les conséquences les plus fréquemment rencontrées chez ces enfants sont : des difficultés d'apprentissage, de concentration, une motivation scolaire déficiente, un manque de motivation à faire des activités qui intéressent la plupart des enfants de son âge, un niveau de confiance en soi lacunaire, ce qui se reflète le plus souvent par des résultats académiques inférieurs à la moyenne et trop souvent, par des difficultés à socialiser avec des pairs de son âge.

Chez les enfants en plus bas âge (0-5 ans), on remarque parfois des troubles de langage (bégaiement, mutisme, isolement social) et même des capacités intellectuelles amoindries dues à des sévices corporels répétés.

On note également la présence de problèmes physiques qui peuvent nuire à la santé et au développement de l’enfant. Par exemple, des séquelles à la suite des blessures subies (os fracturés, cicatrices, lésions) ou des états de santé fragilisés (pertes de conscience, malformations durant la croissance).

Enfin, dans certains cas plus rares, des problèmes de type psychiatrique peuvent même apparaître à la suite de très grands traumatismes.

Émilie Girouard, Bachelière en psychoéducation